Édition 5 octobre 2009
Volume 2, numéro 1
Conférence : «Le compte à rebours a-t-il commencé?» par Albert Jacquard
6 octobre
Collation des grades
18 octobre
Conférences et pâté chinois : la Route des vins
19 octobre
Conférence : «Un nouveau regard sur la performance de la gestion de projet»
20 octobre
Gala-bénéfice Prix Performance 2009
17 novembre
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>> Calendrier 2009-2010 des sessions publiques
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Entrevue avec Jacques St-Laurent, conseiller à la haute direction chez Bell Helicopter
Une ascension vers la présidence
Natif de Baie-Comeau, Jacques St-Laurent débute sa carrière dans les Forces armées canadiennes. En 1976, il obtient son baccalauréat en génie mécanique du Collège militaire royal du Canada à Kingston, en Ontario. En 1979, il poursuit des études supérieures en ingénierie d’essais en vol à la U.S. Navy Test Pilot School, à Patuxent River, au Maryland. Depuis 1984, il fait carrière chez Bell Helicopter Textron Canada limitée (BHTCL). Son parcours l’a amené à occuper des postes variés en ingénierie et en gestion de programme au sein de la compagnie. À la suite de l’obtention de son MBA (ESG UQAM), en 1995, il devient trois ans plus tard le premier Canadien à assumer la fonction de vice-président ingénierie. De novembre 2002 jusqu’à son départ pour l’Europe en octobre 2008, il préside la destinée de la compagnie. Le Réseau ESG UQAM lui a décerné, en 2004, un Prix Performance en raison de son parcours exceptionnel. Le 13 juin dernier, il recevait un doctorat honorifique de l’Université de Montréal pour sa contribution à la consolidation de Montréal comme l'un des trois plus importants centres en aérospatiale au monde, en tant que président d’AéroMontréal de juin 2006 à octobre 2008. Nous l’avons rencontré au début du mois de septembre et il a généreusement accepté de partager avec nous sa passion et sa vision du secteur aérospatial.
Création d’AéroMontréal
Les prémisses qui ont mené la création de cet organisme ont débuté en 2004. Le ministre du développement économique de l’époque avait rassemblé les principaux acteurs de l’industrie autour d’une même table, à laquelle participait M. St-Laurent. L’objectif était d’identifier les principaux enjeux et de mieux structurer le secteur. Par la suite, en 2005, le maire de Montréal propose de constituer des grappes sectorielles. Ce modèle s’appliquait particulièrement bien au secteur, étant donné qu’il y avait une concentration des acteurs dans la région métropolitaine. On n’a qu’à penser à Bombardier, Pratt & Whitney, CAE, Bell Helicopter, les plus de 250 fournisseurs et équipementiers, les associations et le milieu universitaire. De plus, Montréal est la seule ville où on fabrique l’ensemble des composantes d’un avion dans un rayon de 40 KM. À noter qu’il y avait un avantage non négligeable à adopter ce modèle, soit d’accéder aux subventions nécessaires pour constituer une table de réflexion stratégique. D’ailleurs, le gouvernement du Canada annonçait le 20 mai dernier une contribution de 450 000 $ à Aéro Montréal. Cette somme, versée en vertu du programme Croissance des entreprises et des régions, vise à donner à cet organisme les moyens de travailler au renforcement des entreprises du secteur aérospatial ainsi qu’à l’émergence de projets mobilisateurs qui résultent de ses divers chantiers de travail. Aéro Montréal assure la coordination de cinq chantiers de travail sur des enjeux qui mobilisent l’ensemble des acteurs de l’industrie aérospatiale. Ces chantiers portent sur différentes questions qui touchent le développement de l’industrie, soit l’image, la visibilité et le rayonnement, l’innovation, l’intégration aux chaînes d’approvisionnement, le renouvellement de la main-d’œuvre et la productivité des entreprises. L’organisme s’est également donné la mission de maximiser, pour les entreprises québécoises, les retombées industrielles régionales qui découlent des achats d’équipement militaire effectués par le gouvernement du Canada.
Comme nous le précisait M. St-Laurent, « la grappe aérospatiale du Montréal métropolitain permet de faire plus que la somme des parties en concertant les efforts ». En partageant des problématiques communes, les acteurs ainsi rassemblés ont travaillé de concert pour consolider la position de Montréal. Profondément convaincu de l’importance de l’ensemble de la démarche et de l’apport vital d’AéroMontréal, M. St-Laurent s’est beaucoup investi dans le projet. Il a participé activement à sa création et en a assumé la présidence du conseil jusqu’à son départ pour l’Europe en octobre dernier.
Regard positif quant à l’avenir
Exportateur, le Canada présente une balance commerciale positive dans le secteur de l’aérospatial. De plus, l’aérospatial représente notre compte d’exportation technologique le plus important au Québec, dépassant les 12 milliards de dollars.
Malgré les fluctuations qu’il connaît au fil des ans, c’est un secteur qui demeure profitable et dans lequel Montréal se positionne avantageusement sur la scène internationale. Pour se maintenir à l’avant scène, le libre-marché ne peut s’appliquer au contexte de l’industrie aérospatial. Les propos de M. St-Laurent rejoignent ceux de notre professeur expert, Mehran Ebrahimi, directeur du groupe de recherche GEME Aéro lors d’une entrevue accordée sur TVA/Canal Argent sur la question des subventions gouvernementales. « Pour se développer, ce secteur doit faire appel à un partenaire financier à risque capable d’appuyer des projets pouvant s’échelonner sur plusieurs années. La réalité de l’aérospatial est planétaire. Soumis aux aléas du contexte mondial, on se doit d’être conforme aux normes commerciales internationales mais il demeure impensable de ne pas supporter son développement via des subventions gouvernementales accordées à un secteur aussi stratégique. Très encadré, le retour sur l’investissement, pour les gouvernements, demeure avantageux».
Secteur très prometteur, possédant des assises solides, M. St-Laurent estime toutefois qu’il faut continuer les efforts afin de mieux faire connaître cette industrie au grand public. Le rayonnement, un des enjeux identifiés par AéroMontréal, doit dépasser les grandes nouvelles qui se concentrent souvent sur la grande entreprise. C’est dans cette optique qu’une soirée toute spéciale s’est tenue à la maison de Radio-Canada jeudi le 17 septembre dernier afin de dévoiler les publicités entourant la série «Pour l’amour du ciel», diffusée à Radio-Canada, dans le cadre du centenaire de l’aviation, de même que leurs « making-of ». À noter que les questions relatives au renouvellement d’une main d’œuvre hautement qualifiée demeurent aussi préoccupantes, tout comme l’innovation. D’ailleurs, ces enjeux seront aussi à l’ordre du jour du prochain Forum innovation de l’aérospatial qui se tiendra à Montréal les 7 et 8 décembre prochains. Cet événement s’adresse aux acteurs de l’industrie aérospatiale québécoise, canadienne et internationale, aux représentants des universités, des centres de recherche, aux décideurs publics, aux étudiants et aux journalistes spécialisés.
En conclusion, le secteur de l’aérospatial représente une source de richesse collective qui devrait prendre de l’ampleur au cours des prochaines années, la demande continuant d’augmenter. Avec 98% de l’activité aérospatiale québécoise concentrée dans le Grand Montréal, la région figure parmi les plus grands centres aérospatiaux du monde, avec Seattle et Toulouse. Montréal est bien positionnée pour bénéficier de la conjoncture favorable et demeurer un leader dans le domaine.
Entrevue réalisée par Evelyne Dubourg, responsable des communications, ESG UQAM